{"id":251,"date":"2015-02-24T18:23:05","date_gmt":"2015-02-24T17:23:05","guid":{"rendered":"https:\/\/www.iteanu.law\/?p=251"},"modified":"2016-09-27T14:23:17","modified_gmt":"2016-09-27T12:23:17","slug":"detournement-de-donnees-de-lentreprise-condamnation-dun-salarie-pour-abus-de-confiance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.iteanu.law\/en\/detournement-de-donnees-de-lentreprise-condamnation-dun-salarie-pour-abus-de-confiance\/","title":{"rendered":"D\u00e9tournement de donn\u00e9es de l\u2019entreprise, condamnation d\u2019un salari\u00e9 pour abus de confiance"},"content":{"rendered":"<p class=\"qtranxs-available-languages-message qtranxs-available-languages-message-en\">Sorry, this entry is only available in <a href=\"https:\/\/www.iteanu.law\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/251\" class=\"qtranxs-available-language-link qtranxs-available-language-link-fr\" title=\"FR\">FR<\/a>. For the sake of viewer convenience, the content is shown below in the alternative language. You may click the link to switch the active language.<\/p><p><\/p>\n<div class=\"post-excerpt\">\n<p>La solution juridique peut para\u00eetre extr\u00eame par sa s\u00e9v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Le d\u00e9lit d&#8217;abus de confiance est en effet puni des peines maximales de 3 ans de prison et de 375.000 d&#8217;amende. Il s&#8217;agit donc d&#8217;une infraction lourde.<\/p>\n<p>Pourtant, \u00e0 y regarder de plus pr\u00e8s, cette d\u00e9cision est bien conforme \u00e0 la lente \u00e9volution de la jurisprudence de la Cour de cassation fran\u00e7aise depuis 15ans.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"post-content\">\n<p>A l\u2019origine de cette affaire, des faits qui paraissent aujourd\u2019hui d\u2019une extr\u00eame banalit\u00e9.<\/p>\n<p>Le salari\u00e9 d\u2019un cabinet de courtage en assurance, pr\u00e9sente sa d\u00e9mission.<\/p>\n<p>Durant le temps de son pr\u00e9avis, l\u2019entreprise r\u00e9alise un<em> \u00ab\u00a0contr\u00f4le interne \u00bb<\/em>. Dans ce cadre l\u2019employeur d\u00e9couvre que son salari\u00e9 en partance a d\u00e9tourn\u00e9<em>\u00ab\u00a0plus de trois cents fichiers informatiques \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>L\u2019arr\u00eat pr\u00e9cise encore que ces fichiers d\u00e9tourn\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 capt\u00e9s au moyen de treize supports externes puis exp\u00e9di\u00e9s par le salari\u00e9 en question \u00ab\u00a0de son poste professionnel \u00e0 destination de sa messagerie priv\u00e9e \u00bb.<\/p>\n<p>Si les faits paraissent banals, la d\u00e9cision valid\u00e9e par la Cour de cassation dans cet arr\u00eat du 22 Octobre 2014, pourrait \u00e9tonner. Un salari\u00e9 condamn\u00e9 pour le d\u00e9lit p\u00e9nal d\u2019abus de confiance, simplement pour avoir utilis\u00e9 les outils informatiques de l\u2019entreprise \u00e0 titre personnel\u00a0? Il \u00e9cope d\u2019une condamnation \u00e0 10 000 euros d\u2019amende.<\/p>\n<p>Pour m\u00e9moire, l\u2019abus de confiance est d\u00e9fini \u00e0 l\u2019article 314-1 du Code p\u00e9nal comme <strong>\u00ab\u00a0le fait par une personne de d\u00e9tourner, au pr\u00e9judice d&#8217;autrui, des fonds, des valeurs ou un bien quelconque qui lui ont \u00e9t\u00e9 remis et qu&#8217;elle a accept\u00e9s \u00e0 charge de les rendre, de les repr\u00e9senter ou d&#8217;en faire un usage d\u00e9termin\u00e9 \u00bb<\/strong>.<\/p>\n<p>Ce d\u00e9lit est puni des peines maximales de trois ans de prison et de 375 000 euros d\u2019amende.<\/p>\n<p>L\u2019abus de confiance implique donc qu\u2019un bien ait \u00e9t\u00e9 remis volontairement \u00e0 l\u2019auteur de l\u2019infraction dans un but pr\u00e9cis, et que cet auteur d\u00e9tourne le bien, soit en en faisant un usage abusif, ce qui est reproch\u00e9 au salari\u00e9 dans notre cas, soit en refusant de restituer le bien.<\/p>\n<p>Cependant, en y regardant de plus pr\u00e8s, on s\u2019aper\u00e7oit que cette d\u00e9cision s\u2019inscrit dans un mouvement de jurisprudence assez constant depuis quinze ans.<\/p>\n<p>Tout d\u2019abord, avant 2000, le bien, objet vis\u00e9 dans le d\u00e9lit d\u2019abus de confiance du Code p\u00e9nal, devait n\u00e9cessairement \u00eatre un objet mat\u00e9riel.<\/p>\n<p>Mais les juges ont vite consid\u00e9r\u00e9 que ce bien de l\u2019abus de confiance pouvait \u00eatre immat\u00e9riel, en l\u2019occurrence une simple information. C\u2019est un arr\u00eat de principe rendu toujours par la Chambre criminelle de la Cour de cassation, <a title=\"Arr\u00eat du 14 Novembre 2000\" href=\"http:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichJuriJudi.do?oldAction=rechJuriJudi&amp;idTexte=JURITEXT000007070782&amp;fastReqId=2055792620&amp;fastPos=1\" hreflang=\"fr\">le 14 novembre 200<\/a>.<\/p>\n<p>Puis, a \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9 d\u2019abus de confiance le d\u00e9tournement par un salari\u00e9 d\u2019un simple projet de l\u2019entreprise ou encore, plus r\u00e9cemment, l\u2019utilisation de son temps de travail \u00e0 des fins autres que celles pour lesquelles il per\u00e7oit une r\u00e9mun\u00e9ration (<a title=\"Arr\u00eat du 19 Juin 2013\" href=\"http:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichJuriJudi.do?oldAction=rechJuriJudi&amp;idTexte=JURITEXT000027594822&amp;fastReqId=700502009&amp;fastPos=1\" hreflang=\"fr\">Cass. Crim, 19 juin 2013<\/a>).<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, la jurisprudence n\u2019a cess\u00e9 d\u2019amoindrir l\u2019espace de vie personnelle du salari\u00e9 au sein de l\u2019entreprise \u00e0 l\u2019\u00e8re des communications \u00e9lectroniques.<\/p>\n<p>Si dans un premier mouvement, les juges ont consid\u00e9r\u00e9 que l\u2019employeur ne pouvait acc\u00e9der \u00e0 la boite \u00e0 lettre \u00e9lectronique de son salari\u00e9 sous peine de violer sa vie priv\u00e9e (Arr\u00eat dit Nikon &#8211; Cass, Chambre sociale, 2 oct. 2001), les tribunaux ont vite pris un parti carr\u00e9ment oppos\u00e9. Tout d\u2019abord en consid\u00e9rant qu\u2019il existait une pr\u00e9somption de caract\u00e8re professionnel pour tous dossiers et fichiers cr\u00e9\u00e9s par un salari\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019outil informatique mis \u00e0 disposition par son employeur, autorisant ce dernier \u00e0 y avoir acc\u00e8s, m\u00eame hors la pr\u00e9sence du salari\u00e9.<\/p>\n<p>Ensuite, en allant jusqu\u2019\u00e0 dire que l\u2019employeur pouvait acc\u00e9der \u00e0 une cl\u00e9 USB reconnue comme propre et personnelle au salari\u00e9, d\u00e8s l\u2019instant o\u00f9 cette cl\u00e9 connect\u00e9e au syst\u00e8me d\u2019information de l\u2019entreprise (Cass. Soc. 12 F\u00e9vrier 2013 Arr\u00eat PBS). Enfin, encore plus r\u00e9cemment et toujours dans ce m\u00eame mouvement, il a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 que les SMS re\u00e7us et envoy\u00e9s sur le t\u00e9l\u00e9phone professionnel du salari\u00e9 \u00e9taient pr\u00e9sum\u00e9s avoir un caract\u00e8re professionnel et que l\u2019employeur pouvait y acc\u00e9der (<a title=\"Arr\u00eat du 10 F\u00e9vrier 2015\" href=\"http:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichJuriJudi.do?oldAction=rechJuriJudi&amp;idTexte=JURITEXT000030240094&amp;fastReqId=1278017470&amp;fastPos=1\" hreflang=\"fr\">Cass. Soc. 10 f\u00e9vrier 2015<\/a>).<\/p>\n<p>La Chambre criminelle, dans son arr\u00eat du 22 octobre 2014, s\u2019inscrit donc bien dans ce double courant jurisprudentiel.<\/p>\n<p>En condamnant pour abus de confiance un salari\u00e9 ayant d\u00e9tourn\u00e9 des fichiers informatiques appartenant \u00e0 l\u2019entreprise pour son usage personnel, elle vient ici confirmer un adage bien connu.<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e8re o\u00f9 l\u2019information est devenue le plus pr\u00e9cieux des biens dans l\u2019entreprise, l\u2019adage \u00ab\u00a0mieux vaut pr\u00e9venir que gu\u00e9rir\u00a0\u00bb semble bien guider bon nombre de d\u00e9cisions judiciaires \u2026 au d\u00e9triment du salari\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"qtranxs-available-languages-message qtranxs-available-languages-message-en\">Sorry, this entry is only available in <a href=\"https:\/\/www.iteanu.law\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/251\" class=\"qtranxs-available-language-link qtranxs-available-language-link-fr\" title=\"FR\">FR<\/a>. For the sake of viewer convenience, the content is shown below in the alternative language. You may click the link to switch the active language.<\/p>\n<p>La solution juridique peut para\u00eetre extr\u00eame par sa s\u00e9v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-251","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-news"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.iteanu.law\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/251","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.iteanu.law\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.iteanu.law\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.iteanu.law\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.iteanu.law\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=251"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.iteanu.law\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/251\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":252,"href":"https:\/\/www.iteanu.law\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/251\/revisions\/252"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.iteanu.law\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=251"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.iteanu.law\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=251"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.iteanu.law\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=251"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}